3 jours à Phnom Penh

Blog Cambodge

Je débarque comme prévu vers 16h00 à l’aéroport de Phnom Penh, en provenance de Bangkok, et je mets environ 45 minutes pour les formalités de visa et d’entrée dans le pays (prévoir une photo pour le visa). De là, j’attrape directement un taxi pour le down town et OKAYE BOUTIQUE HOTEL. 12$ la course et 45 minutes de trajet à cause de la circulation bien dense.

L’hôtel est génial : décorum khmer avec des bouddhas partout et beaucoup de bois d’acajou,  raffiné mais pas kitsch. Chambre spacieuse au 6ème étage avec belle vue sur la ville et surtout belle décoration coloniale avec tout le confort.

OKAYE BOUTIQUE HOTEL

Au 14ème étage, top roof avec piscine sympa, bar, restaurant et vue splendide sur le palais royal. 30$ la nuit après une petite négo (sans le breakfast).  Je signe pour 3 nuits les yeux fermés, car en plus il est génialement placé.

Dans ma jubilation, j’allais presque oublier le show qui m’attend au National Muséum à 19h. Heureusement, c’est à deux pas de l’hôtel. Je m’y précipite pour acheter ma place (15$). Et puis je retourne à l’hôtel faire un plouf tandis que le jour s’apprête à tirer sa révérence.

National Muséum

Le spectacle commence à l’heure, la salle est pleine. Il s’agit d’une création du Cambodia Living Arts (CLA), une organisation à but non lucratif, dirigée par un ancien martyr de Pol Pot, soutenue par des fonds internationaux, dans le but de reconstruire progressivement les arts du Cambodge. Rien que pour ça, j’étais heureux de contribuer humblement à cette action en payant ma place.

Le programme, qui dure environ une heure, retrace des pans de l’histoire du cambodge à travers des danses et des musiques traditionnelles. Rien que les costumes, très colorés,  sont superbes, à tel point qu’ils mettent harmonieusement les artistes en lumière.

Mais je voulais surtout voir ce spectacle pour la partie consacrée à la danse des Apsaras, les légendaires danseuses célestes et nymphes charmeuses « qui glissent sur l’eau », aux parures  fines et clinquantes. Elles seraient nées du mythe fondateur hindouiste du « barattage de la mer de lait ». Les dieux qui étaient jadis mortels décidèrent d’unir leurs forces à celles des démons « Asura » afin d’extraire la liqueur d’immortalité, « l’Amrita ».  Au prix de nombreux efforts, le barattage du lait produisit des êtres merveilleux dont les Apsaras, considérées comme des demi-déesses.

Les artistes ont une telle grâce sur scène dans l’exécution millimétrée de leurs mouvements et dans leurs costumes d’or et de diamants. Elles sont d’une rare beauté et je ne me lasse pas d’admirer la gestuelle de leurs mains et de leurs pieds. Du grand Art.

Après ce magnifique show, je change de décor à 15 minutes de tuk tuk, dans un quartier typiquement khmer, et très à la mode en ce moment parait-il ! Je vais manger un morceau au JET’S CONTAINER NIGHT MARKET

JETS est un night market récent qui rassemble des containers transformés en bars, restaurants et magasins en tous genres. Je suis emporté d’entrée de jeu dans le tourbillon frénétique de cette fête populaire. Les bars  bondés envoient les décibels  à fond les ballons, les gens à 99% khmers viennent se retrouver pour boire un coup ou manger un morceau sur les terrasses aménagées sur les vieux containers recyclés.

L’ambiance est spectaculaire en ce vendredi soir et je trouve mon bonheur dans l‘euphorie d’un bar très animé où je dégusterai mon traditionnel fried rice sea food. Je ne pouvais pas mieux commencer mon séjour à Phnom Penh, dans ce sanctuaire de la fête cambodgienne.

Le lendemain, je démarre tranquillement la matinée vers 8h30 avec le chauffeur de tuk-tuk qui me servira de guide toute la journée.

On commence par le site le plus éloigné, le CHOEUNG EK GENOCIDAL CENTER et ses Killing Fields. Je tenais à rentrer dans l’histoire tragique du génocide khmer perpétré par POL POT de 1976 à 1979 contre son propre peuple.  

Plus de 17000 prisonniers ont été transportés ici pour être sauvagement torturés et assassinés, puis entassés dans des charniers. Il est difficile de comprendre comment une telle horreur peut arriver. Deux millions de cambodgiens sont morts sous Pol Pot.

Le Choeung Ek Genocidal Center n’est pas la seule trace laissée par le régime sanguinaire de Pol Pot. Dans le centre-ville, il reste également le lycée de la mort : Tuol Sleng Genocide.

Ancien lycée reconverti en prison de haute sécurité (S-21) pendant le régime des Khmers Rouges, Tuol Sleng témoigne des atrocités perpétrées sur des innocents.

Et puis j’enchaîne avec quelque chose de plus glamour, le Palais Royal et la Pagode d’argent.

C’est le plus bel ensemble historique et architectural du Cambodge après les temples d’Angkor. Le magnifique parc fleuri et la somptueuse Pagode d’argent valent le détour.

Voilà le jour du lendemain ! Une lueur pâle et rosée pointe derrière les fleuves paisibles. Peu à peu, le soleil revient laver le ciel des phnom penhois. A 7h, il fait déjà très chaud et je vais braver cette chaleur étouffante du côté de la Poste centrale, en quête de la Phnom Penh coloniale, ou ce qu’il en reste.

La douce lenteur de ce dimanche printanier tranche avec l’effervescence de la veille. Le frénétique trafic des deux et quatre roues a laissé la place aux quelques promeneurs matinaux qui arpentent les rues tranquilles. Je rentre de façon impromptue dans le restaurant VAN’S que j’avais repéré pour la vue qu’il propose sur la Place de la Poste. Un employé m’ouvre gentiment la terrasse du bar perché sur le toit d’où j’ai la chance de disposer effectivement d’un formidable panorama sur le quartier colonial. Son charme désuet et les couleurs passées de ses façades me font encore leur petit effet. Même si le délabrement de certains bâtiments ne laisse rien présager de bon.

Déjeuner un peu cher au Titanic mais je paie la beauté du lieu et la vue sur le fleuve.

Et puis, à 14h, comme tous les dimanches, c’est kick boxing à Phnom Penh. Je me précipite au CTN STUDIO, la TV qui retransmet en direct les combats de boxe cambodgienne l’après-midi. Le Pradal Serey est visiblement très populaire ici car la salle est pleine dans une ambiance de folie.

Ensuite, je retourne sur Riverside, me balader à l’intérieur du Wat Ounalom où sont rassemblés de nombreux fidèles au son d’une prêche bouddhiste.

Aujourd’hui, petite descente culturelle à l’Institut français du Cambodge (à peine à 10 min à pieds de l’hôtel) pour voir une expo Architecture et Paysages d’un photographe français.

Mais la galerie est fermée le lundi, ce qui ne m’empêche pas d’apprécier le lieu par ailleurs très agréable et rafraîchissant. C’est aussi l’occasion de parler français avec les employées khmers qui maîtrisent parfaitement notre langue.

Et puis je pousse un peu plus loin au Bophana Center, un centre culturel et audiovisuel où l’on peut voir des films et des galeries de photos. En l’occurrence aujourd’hui des vieux clichés en noir et blanc sur le Phnom Penh du début des années 70.

Ensuite, je vais me perdre à O’Russey Market, tout proche, où je ne croise dans les travées couvertes que des locaux. On y trouve surtout de la papèterie, maroquinerie, horlogerie, lunetterie et vêtements.

Les marchés sont partout à Phnom Penh, de jour comme de nuit. Ils sont incontournables pour qui veut prendre la mesure de la vie séculaire des Phnom Penhois. On y trouve de tout, les gens s’y pressent, on s’y fait servir des jus de fruits frais, y compris certains dont j’ignorais l’existence. 

Wat-Phnom
Wat-Phnom